Bienvenue : connectez-vous | Créer un compte
emplacement: RéflexionsConseils

(ndlr : j'ai copié-collé des trucs trouvés ici ou là, ce ne sont pas des solutions toutes faites, mais des pistes de réflexions qu'il faut discuter ! ;) Claire B)

1) à quoi sert le conseil ?

Enjeux et fonctions possibles du conseil

1er commentaire : au-delà de l'information, le conseil sert-il à choisir ou à décider ? Jean Houssaye

2ème commentaire : le conseil sert-il au cadre ou aux règlements ? Il apparaît que les deux importent.

3ème commentaire : est-ce qu'on régule les conflits lors des conseils ? Traite-t-on des infractions ?

4ème commentaire : le conseil est une institution instituante. C'est lui qui organise l'ensemble de la vie de l'institution. Mais le conseil s'institue-t'il lui-même ?

Points problématiques sur les fonctions du conseil

- crainte de tomber dans une espèce de dînette démocratique. On prend vaguement des décisions en étant plus ou moins manipulés par ceux qui sont en charge. Il n'est pas nécessaire qu'il y ait dedécisions prises pour que ce soit démocratique. On essaye parfois de copier à petite échelle ce que l'on vit dans notre société, par exemple avec certaines élections de délégués de classe. Imiter les logiques de représentations n'est pas forcément une pratique de la démocratie.

- S'il y a une décision, qu'est-ce que l'on obtient ? Jacques Pain s'est beaucoup occupé de la valeur du vote. Comment doit-il être préparé ? Qu'est-ce qu'un consensus ? Comment fait-on de nos décisions un objet de discussions ?

- Le conseil a besoin d'être vrai et d'être perçu comme tel très rapidement.

- Articulation entre responsabilités individuelles et responsabilités collectives. Beaucoup de conseils sont articulés autour du collectif. Parfois, n'y a-t-il pas besoin de travailler en conseil les responsabilités individuelles ? Qui je suis ? Comment je me situe par rapport à l'institution ? Par exemple, un nouvel élève perturbateur peut-il prendre par aux décisions collectives sans travailler sa responsabilité individuelle ?

- quels autres lieux de parole sont possibles ?

- de quoi on ne peut pas parler ? peut-on régler des conflits inter-individuels dans le conseil ? quels risques pour l'intégrité morale des enfants ? un conseil n'est pas un tribunal...

2) comment il se déroule ?

Le conseil coopératif (pédagogie institutionnelle)

Le conseil d’enfants est une réunion démocratique. Elle cherche à harmoniser la vie du groupe en associant les participants. C’est l’occasion de faire l’état des lieux des projets personnels ou collectifs, d’aborder les propositions, les problèmes, la coopérative, les félicitations mais aussi tout ce qui concerne le symbolique dans la classe : permis, brevets, ceintures, responsabilités. Le conseil coopératif se réunit périodiquement. Il est la clé de voûte de la classe coopérative. Son but est de réguler les événements passés et d’organiser ceux à venir. En partie ritualisé par des maîtres-mots (des formules récurrentes qui balisent les échanges), il autorise une liberté d’expression aux membres de la classe.

Animé par un président et un secrétaire chargé de dresser une trace écrite des décisions prises, il est guidé par différentes étapes :

1 – Ouverture du conseil et rappel des règles de fonctionnement par le président de séance : « On ne se moque pas, on écoute celui qui parle, on a le droit de se taire, les enfants qui ont le moins parlé sont prioritaires. »

2 – Relecture et vérification des décisions prises lors du dernier conseil

3 – Les propositions : règles de classe, projets collectifs, projets individuels, … (Les décisions se prennent suivant le protocole proposé par Jean Le Gal : Proposition – Discussion – Décision – Application)

4 – Les problèmes et difficultés au sein de la classe

5 – Les félicitations, les encouragements et les remerciements

6 – Relecture des décisions prises et clôture du conseil (évaluation de la présidence et choix du prochain président de séance)

De nos jours, le conseil de coopérative a une autre visée que celle initiée par J. Korczak. Il s’inscrit principalement dans une logique d’éducation à la citoyenneté, par la pratique ordinaire des fonctionnements de la démocratie. Il permet de faire de la classe le terrain d’entraînement de la vie citoyenne, en considérant les camarades comme les partenaires privilégiés de cette vie civique. C’est pour cela que l’on parle de mitoyenneté. Avoir d’abord le souci de la rencontre du voisin.

Pratiquement, un conseil coopératif de classe poursuit plusieurs objectifs :

- Organiser les projets collectifs : les définir, les adapter, se répartir les tâches, évaluer le réalisé

- Entretenir le cadre législatif de la classe : les règles

- Suivre et gérer la coopérative de la classe

- Autoriser les initiatives individuelles, les projets personnels : en prendre connaissance, en mesurer les contraintes, travailleur leur faisabilité en raison des contingences de la classe

- Encourager les efforts et valoriser tout ce qui fonctionne

- Distribuer les responsabilités

- Activer l’intelligence collective du groupe pour élargir les pistes de résolution de problèmes.

3) le conseil, c'est un : Oeil - Cerveau - Rein - Coeur

(métaphore de Fernand Oury)

- l'oeil du groupe : on met en commun ce qu'on a vu, pour que tout le monde sache.

- le cerveau : on analyse ce qui se passe dans le fonctionnement du groupe, et on prend des décisions. + mémoire du collectif (cahier du conseil)

- le rein : on épure, on analyse les rôles et responsabilités de chacun. on enlève les tensions, les blocages, on extériorise.

- le coeur : le groupe vit grâce au conseil, qui permet la circulation de la parole

4) Pistes d'amélioration

Pour faire véritablement vivre un conseil coopératif, le mieux est d’en bannir les critiques. Ou, tout du moins, leur conférer un statut exceptionnel par rapport aux autres points de l’ordre du jour.

Former au message-clair

(= institutionnaliser des rites de communication pour exprimer les pb)

Lorsque les enfants sont formés au message clair, ils peuvent essayer de résoudre leurs chicanes ainsi (à l’abri du regard des autres) : « Je vais te faire un message clair. Quand tu m’as traitée de "enceinte", ça m’a fait honte devant mes amies. As-tu compris ? » Cette technique de gestion non-violente des conflits s’appuie sur un double énoncé :

- La description des faits

- L’expression des émotions

Si la réponse ne satisfait pas cette enfant, elle obtient le droit d’en parler à son enseignant(e) ou au conseil. Environ 8 différends sur 10 trouvent une solution via un message clair.

Externaliser les problèmes

Lorsqu’un problème survient, les acteurs de ce conflit ne sont pas le problème. Un vol ne témoigne de voleurs. Un coup ne dénonce pas des enfants violents. Une insulte ne désigne pas un enfant mal élevé. Externaliser, c’est s’intéresser aux faits, et ainsi, refuser d’incriminer les personnes qui sont en jeu. En se centrant plus sur les événements que sur les enfants, le conseil travaille les organisations du groupe. Il évite alors de pointer tel ou tel camarade, ce qui modifie le risque de vindicte. « J’ai un problème » remplace donc la partie « Je critique. »

Rechercher le consensus

N’user du vote qu’en ultime recours, c’est-à-dire si l’actualité du groupe exige une décision rapide. Voter n’est pas une pratique démocratique si cela consiste à nier les minorités par la force du nombre de la majorité. Face à plusieurs propositions, il est possible de :

- Chercher un consensus (qui satisfait tout le monde)

- Reporter la décision au prochain conseil, laisser mûrir les réflexions

Si un choix s’impose entre plusieurs propositions valables, organiser jusqu’à décision : 1. un tirage au sort 2. un vote à bulletin caché 3. un vote à main levée

EedfMidipy: RéflexionsConseils (last edited 2014-06-19 14:39:55 by claire.batailler)