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emplacement: Pyloufas / 3Pi-Janvier-2014 / Méthodo projet

« La méthodologie de projet, c'est le fordisme de la pensée »

Dans les stages, les tremplins, on forme tout le monde à utiliser une méthodologie de projet relativement rigide (AROME et ses copines). Mais qui l'applique vraiment, sur son unité, dans son groupe local ? (ok, sûrement trois personnes…)

Pourquoi ça ne marche pas ?

C'est très intellectuel et élitiste : séparer les objectifs des moyens, et surtout penser les objectifs avant les moyens demande énormément d’abstraction. D'ailleurs, la phase « rêve » ne marche pas : on pense d'abord moyens avant le reste. C'est d'autant plus élitiste que ça rend quasi-impossible d'écrire un projet péda avec une équipe d'animateurs de 16 ou 17ans… (ce qui est souvent un vœu pieu des RU).

C'est en fait une méthode qui loin d'être universelle (comme elle l'est souvent présentée, « tout le monde l'applique sans le savoir ») est surtout valable pour les gens qui sont déjà formatés à penser méthodo de projet… Et dont leur pensée est régulée, canalisée par la méthodo de projet ? Peut-être faudrait-il aussi s'assurer que l'on est toujours capable de penser "hors" des méthodos de projet ? Elle se base sur le postulat que l'on peut tout intellectualiser et tout maîtriser avant la réalisation du projet : tout est défini à l'avance, il n'y a plus qu'à réaliser… et à évaluer, "après".

Évaluation qui passe souvent à la trappe, car quel intérêt de faire un bilan alors que tout est déjà joué ? Pour les prochains projets ? "Mouais…" pas très engageant et impliquant, sauf quand on se projette sur le futur abstrait du prochain projet.

Mais alors, faut-il abandonner la méthodo de projet ?

Quand est-ce qu'on analyse ce qu'on a fait, qu'on se remet en cause ? L'éducation populaire a besoin d'être dans l'expérimentation perpétuelle, mais cela implique de prendre du recul et d'avoir des espaces où l'on peut se remettre en cause, ce que permet (en théorie) l'étape bilan de la méthodo de projet…

Et donc ?

Ne pourrait-on pas envisager de construire une méthodo qui se base sur ce qu'on fait vraiment, en gardant à l'esprit l'idée des objectifs et de la remise en cause ?

Voici une tentative :

1. Qu'est-ce qu'on a envie de faire ? "(en ayant à l'esprit le contexte, donc le public, le PE, etc → pas de problème que ce soient des « moyens », idées de jeux, d'activités, peu importe !)"

2. Pourquoi a-t-on envie de faire ça ? Qu'est-ce que ça implique comme objectifs pédagogiques ?

3. Qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre sur les mêmes objectifs ? À côté de quoi on passe ? On assume nos choix !

4. Comment ça s'articule, quelle cohérence ça a ?

5. Quand est-ce qu'on se remet en cause ? "(en cours de projet ! c'est plus important de définir les moments que des critères chiffrés : tant qu'on est dans une démarche militante et qu'il n'y a pas de comptes à rendre aux chefs ou aux financeurs, on saura bien dire si ce qu'on fait est pertinent)."

Remettons-nous en cause dans les stages, dans nos groupes… Quelle méthode appliquons-nous au quotidien, pour de vrai ? Quelle méthode proposons-nous en formation ? Ne faudrait-il pas que les deux soient en adéquation ?

Dans certains stages, on construit des méthodos avec les stagiaires, plutôt que de leur filer un AROME tout prêt. Peut-être pourrait-on se les partager ? (Un futur dossier dans PyLouFas ?) Il y avait aussi l'idée d'un prochain Comptoir Éclé sur le sujet…

À lire : "Le Projet", Cahier du Pavé, n°1 ; "Le Nouvel Esprit du Capitalisme", Eve Chipaelo et Luc Boltanski.

Florian, suite aux réflexions avec Ninon, Bérénice, et bien d'autres…